Montreal en mode été

Publié le 04 juin 2011 à 14h33 | Mis à jour le 04 juin 2011 à 14h33                            

  

Roch Voisine a mis Montréal en mode été

Roch Voisine souligne ses 25 ans de carrière au Centre Bell

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Roch Voisine a mis Montréal en mode été

La Presse

 

Roch Voisine a offert plus qu'un grand spectacle, vendredi soir au Centre Bell où on ne l'avait pas vu depuis l'an 2000. Le chanteur a livré une facette de sa personnalité que la vie, la vie d'artiste peut-être, lui avait fait laisser dans l'ombre, ce côté de lui-même fait de simplicité, de chaleur et d'humour.

D'aucuns pourront parler du Roch Voisine nouveau... On ne sera pas dupes des stratégies d'image, mais ce serait risquer de diminuer «l'ancien», la superstar qui, en 25 ans de carrière, a conquis coeurs et contrées et vendu 11 millions de disques. Roch Voisine le beau gosse -quelqu'un a eu l'idée de sortir Hi! Ha! Tremblay (Michel Barrette) de sa retraite pour venir le présenter...- a fait chavirer bien des nymphettes au fil des ans, mais il se trouve que beaucoup des belles dames venues l'applaudir l'autre soir avaient plus que 15 ans en 1990... Le rêve et le bonheur ne connaissent pas les générations.

Vendredi, le bonheur s'appelait musique. Musique country, musique rock, musique pop, Americana de trois décennies passées, livrée par un chanteur en pleine possession de ses moyens et soutenu par un orchestre de cracks conjuguant puissance et cohésion. Rien à envier à personne, nulle part.

Tout comme le CD Americana II, vendu ici à 40 000 exemplaires en quatre semaines, le spectacle s'est ouvert avec la magnifique ballade That's How I Got to Memphis où Nathalie Bonin, spectaculaire présence scénique, a illustré en quelques coups d'archet le statut du violon dans la tradition country américaine : irremplaçable.

Comme il le fera avec If I Were a Carpenter (Si j'étais un charpentier) et Let It Be Me (Je t'appartiens), Roch Voisine chante couplet et refrain de la version française : ici, Sur la route de Memphis du grand Eddie Mitchell. Suivent Lay Lady Lay (Dylan), Suspicious Mind d'Elvis qui fait lever tout le monde, Heart of Gold de Neil Young où on découvre Voisine à l'harmonica, «Madame Robinson» (Simon & Garfunkel) avec le beau saxo de Richard Beaudet, et l'obligatoire Crazy de Patsy Cline, «la chanson country la plus populaire de l'histoire».

La machine roule à fond dans Take it Easy des Eagles qui nous fait aussi entendre la richesse harmonique de l'ensemble, les voix du guitariste Christian Péloquin et de Chris Colepaugh (pedal steel guitar) se mariant parfaitement à celle de la star. Le guitar hero Réjean Lachance et le pianiste Éric Sauvé se laissent aller dans Ode to Billy Joe de Bobby Gentry (La Marie-Jeanne, en français) qu'on entend peu...

Après l'entracte -la canette de Molson coûte toujours 10,10$ aux captifs du Centre Bell- c'est On the Road Again de Willie Nelson que suit un sympathique coup de chapeau (de cowboy) à notre Willie à nous, Willie Lamothe -«qui nous a fait découvrir tant d'artistes à la télé»: Mille après mille, je suis triste... Roch Voisine dit bonsoir et merci après Pretty Woman (Roy Orbison), la 20e chanson de la soirée. Il est 22h30 mais «il va quand même revenir chanter Hélène, hein?»

Non, il va revenir chanter À ma mère de Paul Daraiche (qui est dans la salle), en duo avec, belle surprise, celle-là! Isabelle Boulay qui sort de la pénombre. Beau moment. Après un Johnny B. Goode du diable, les écrans montrent une rétrospective de la carrière de Voisine... qui réapparaît vêtu de son perfecto (qui lui fait encore) pour le spécial 25 ans.

Kissing Rain, Oochigeas, Pretty Face... Et là, sous sécurité minimale, Roch Voisine descend de la scène pour se rendre à l'arrière du parterre où, seul à la guitare sur une estrade, il va mettre la foule à genoux: La berceuse du petit diable, Deliver me et Hélène. Seul sur la plage/Les yeux dans l'eau... Dans le choeur de 7000 personnes, on a vu plein de rimmel couler.

Il est proche 23h30, les coeurs sont pleins, mais Avant de partir, il reste Darling et I'll Always Be There qui viennent compléter le plus long rappel de l'histoire du Centre Bell. «Je ne vous ai jamais oubliés», lance Roch Voisine avant de quitter la scène, vidé, mais content: il venait de mettre Montréal en mode été.

Belle soirée.

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