Aussi ponctuel qu’un coucou suisse, Roch Voisine se rappelle à notre bon souvenir en publiant un nouveau best of à l’aube de ses 50 ans. Alors que la grande mode est actuellement aux albums de duos et aux albums symphoniques, le chanteur du Nouveau Brunswick a décidé de réunir les deux sur un seul et même album.

Duophonique sort donc ce lundi, annoncé par le single Hélène qui a lancé pour de bon la carrière musicale de l’ex-hockeyeur en 1989. Au Québec, l’album est prévu à l’automne, de même qu’un best of en anglais. Le chanteur nous a passé dernièrement un coup de fil depuis son bureau de Montréal pour nous parler de ce nouveau projet.

Bonjour Roch Voisine. Vous avez décidé de relever deux défis : faire des duos et réarranger vos titres pour un orchestre symphonique. C’est quoi le plus difficile ?

Je pense que c’est faire des duos, parce qu’on a moins de libertés. Une chanson, c’est une mélodie, on peut mettre les couleurs que l’on veut autour. Mais quand on chante en duo, cela implique le défi de trouver la bonne tonalité… Pour ça, il faut trouver le bon interprète. L’auditeur est toujours à la recherche du frisson et veut pouvoir reconnaître la personne qui chante. C’est donc un grand défi. Pour faire une version symphonique, il suffit d’avoir des gens talentueux qui ont un peu d’imagination…

Comment est venu le choix de Coeur de Pirate pour interpréter « Hélène » ?

Parce que je l’aime beaucoup. C’est très frais comme voix et comme attitude. Le piège sur « Hélène », c’était qu’il fallait que ça change. Il fallait que l’interprétation soit limite surprenante…

Vous pensez que cela va refaire un tube comme voici 24 ans ?

J’en doute ! (rires) Et tout cas pas à ce niveau-là. Mais peut-être réussira-t-on à lui faire faire un bond de quasi 25 ans.

Parmi les chanteuses invitées, celle que l’on connaît moins bien chez nous, c’est Marilou. Vous pouvez nous en dire un mot ?

C’est une chanteuse québécoise qui chante en français et en anglais. Elle a une voix merveilleuse, dont on n’entend pas systématiquement toute la couleur. Je l’ai mise dans un registre très différent de ce qu’elle fait habituellement.

« La légende ochigeas », avec Linda Lemay, démarre par un orchestre assez lyrique, puis le morceau bascule dans la musique country…

Oui, c’est tout à fait autre chose. On tombe dans l’ambiance des westerns des années 50. Il ne manque que la diligence et les claquements de fouets (rires). On s’est fait plaisir. C’est une version que je fais depuis quelques années sur scène.

Quel est votre rapport à la musique classique ?

J’ai découvert les arrangements symphoniques avec « Pierre et le Loup » de Prokofiev. Je suis plutôt fasciné par les grands orchestres. Je ne suis pas un connaisseur, mais j’apprécie l’émotion, la magnitude… Surtout quand on l’adapte à la musique pop. Je suis aussi un amateur de musiques de films.

On vous voit bientôt à Charleroi pour la tournée de l’album « Confidences ». À quand une tournée symphonique ?

À moins de vendre un million de disques, c’est irréalisable ! (rires) Mais bon, il n’est pas dit qu’il n’y aura pas quelques concerts exceptionnels. Au Québec, l’album sort à l’automne et j’ai déjà des offres d’orchestres symphoniques de certaines villes. Mais en Europe, c’est autre chose…

Il faudra refaire le succès d’Hélène…

Oui, alors là, on pourrait peut-être… (rires)

Cela vous manque ce succès-là, vendre 3 millions d’albums, jouer devant 75 000 personnes au Champ-de-Mars…

Je crois que cela manque à tout le monde. Mais on n’est plus dans le même univers. On doit faire notre métier différemment, cette époque n’existera jamais plus !

Vous allez fêter vos 50 ans le 26 mars prochain. Vous avez prévu quelque chose ?

Moi, je n’ai pas d’idée particulière… En plus, je serai sans doute loin des miens. On fêtera ça plus tard.

Vos fistons Kilian et Alix-Elouan vont vous faire une surprise…

Je les aurai sans doute au téléphone, puisque je serai en Europe.

Ils font de la musique ?

Non, ils sont dans le sport. Ils font du hockey sur glace. Mais peut-être que la musique viendra plus tard.

On vous a déjà entendu comme commentateur sportif lors des JO de Vancouver. Une expérience que vous referiez ?

Oh oui, sans hésiter. Cela m’avait bien plu.

Et être juré dans une émission musicale ?

Non, je n’aime pas ça. On m’a proposé Canadian Idol voici dix ans et j’ai refusé. Je crois que je ne serais pas le chanteur sympa qui met 10 à tout le monde. Je serais différent de ce que vous voyez à la télé quand je chante dans une émission. Je ne suis pas sûr que les gens comprendraient… (rires).¦